Charlotte Gainsbourg
IRM
A l'occasion de la sortie de son nouvel album "IRM ", Let It Ring a décidé d'en faire son artiste du Mois. Accompagné de Beck, l'actrice français accouche de son troisième album "IRM". Retour sur l'artiste et la création de son album.
Pour beaucoup, elle est la " fille de " et difficile de s'en séparer, surtout lorsqu'on est la fille d'un icone tel que Serge Gainsbourg. Par une carrière d'actrice et deux premiers albums, elle avait réussi à s'affranchir de ce poids du nom paternel et le porter la tête haute. Elle dit vouloir entretenir ses relations avec le cinéma et le monde de la musique, qui sont ses racines et entre lesquels elle s'estime très heureuse de n'avoir pas à choisir. Marqué par sa préférence évidente pour la langue de Shakespeare, il n'est pas étonnant de voir que la plupart des titres sur son album sont en Anglais, à l'exception du "Chat du Café des Artistes" et de la "Collectionneuse". Entre rythmes et saveurs Africaines, des relents d'électro et un mélange puissant et spontané d'un rock, Charlotte signe un album aux allures classiques mais loin d'être ennuyeux. C'est une femme libérée qui réapparaît sous les traits de ce nouvel opus, trois ans après « 5 :5 » « J'ai pris beaucoup de temps à ne plus avoir la trouille, à me calmer à nouveau. On est très fragilisé, déstabilisé. Il faut vraiment se reconstruire après. C'est assez court le moment de choc, où on est heureux d'être encore en vie. On regarde les choses très différemment pendant quelques mois, et puis après on redevient normal. ». Partagant la création de son album avec sa carrière d'actrice, elle gagne notamment une palme d ' or de la Meilleure Actrice à Cannes pour son rôle dans " Antichrist ". Lourdement influencée par son accident cérébral, le nouvel album titré « IRM », est un mélange subtil entre son vécu et de l'identité du musicien Beck, qui lui signe ici l'une de ses plus belles compositions. Il faut dire que la belle a toujours su s'entourer ( Air, Jarvis Cocker pour le précédent Album). Produit et composé par Beck, cet "album-thérapie" innove et nous montre un autre visage de l'artiste, plus sombre, minimaliste (Vanities, magnifique orchestration aux accents de Spock's Beard). Une façon d'en découdre avec sa réputation et de s'affirmer artistiquement, créant ainsi une ½uvre originale et propre à son identité.
La tessiture de Charlotte Gainsbourg ne lui permettant pas d'atteindre des notes élevées elle met en valeur la pureté de sa voix et joue sur son timbre sensible. Une somptueuse orchestration collant à sa voix flutée créant ainsi un album chanté, parlé, empreint d'une atmosphère particulière. IRM fait partie des belles surprises de cette fin d'année 2009. A noter le remarquable travail fournit par David Campbell (appelé par Beck, son propre fils, pour l'arrangement des cordes) qui sort des plates bandes de ses travaux habituels (Kiss, Metallica, Bon Jovi, Linkin Park) et apporte un véritable plus dans l'orchestration de cet album. Quand à l'écriture des textes, ce n'est pas pour ce coup là. " C'est affreux, je ne m'y mettrai jamais .. J'ai tellement de poids sur les épaules avec mon père dans cette catégorie là, c'est tellement lourd à porter ! ". Il ne reste plus qu' à suivre les conseils de Beck : " Ecris tous les jours, essaye d'écrire la pire chanson du monde ". De bon augure pour l'avenir.
* 01 - « Master's Hands »
* 02 - « IRM »
* 03 - « Le Chat Du Café Des Artistes »
* 04 - « In The End »
* 05 - « Heaven Can Wait »
* 06 - « Me And Jane Doe »
* 07 - « Vanities »
* 08 - « Time Of The Assassins »
* 09 - « Trick Pony »
* 10 - « Greenwich Mean Time »
* 11 - « Dandelion »
* 12 - « Voyage »
* 13 - « La Collectionneuse »
* 14 - « Looking Glass Blues »